Agenda

La Défense comme vous ne l’avez jamais vue !

« Du 12 octobre 2011 au 14 novembre 2011 »

Exposition de Géraldine Gall à Notre-Dame de Pentecôte

Du 12 octobre au 14 novembre, venez découvrir l’exposition de peintures de Géraldine Gall à Notre Dame de Pentecôte.

Géraldine Gall sera présente les 12, 14 et 18 octobre, ainsi que les 9 et 12 novembre de 14h à 18h et sur rendez-vous : http://www.gegall.odexpo.com/

La rencontre

Dessiner un portrait est une occasion de rencontre avec une personne, un visage. Depuis quelques années je propose à des personnes résidentes à l’Hôpital de Nanterre de faire leur portrait. C’est à leur visage que se fixe mon regard attentif. Le visage est visible, évidemment. Mais dans le visible, le visage a un statut particulier : il est  expression de la personne. Il ne se laisse pas enfermer dans une forme plastique. Il déborde ses représentations. Il est irréductible à une prise, à une perception prédatrice.

Il révèle, selon Lévinas, le signe vers l’invisible de la personne qu’il donne à voir.

Les visages sont pour moi une source infinie de contemplation. Les dessiner demande beaucoup d’humilité. Il s’agit d’être juste, de ne pas faire une caricature qui serait désobligeante. Pas d’expressionnisme facile, pas de pathos, pas d’effet ;  il y a une urgence, une attente de l’autre, une interrogation partagée. Vais-je  y arriver ?  Essayer de me mettre au service. Je ne suis pas maître, ma main part à la recherche ; je ne sais rien de ce visage. A travers lui se dit la joie, l’ennui, la colère, l’humour, la souffrance, la tendresse et la gentillesse, les échecs, la résignation… d’une vie. C’est difficile parce que quelquefois le visage m’est insaisissable, je ne le comprends pas, parce que, dans ma tête, se crée un préjugé qui m’empêche de voir : apprendre à regarder sans préjugé, c’est un chemin de vie. Je cherche à travers tous les visages que je dessine, une trace, un je ne sais quoi d’où provient le visage. Pour  Emmanuel Lévinas, cette trace  signifie la trace de l’Absent, retiré, et qui reste inconnaissable. La trace signifie un passé irréversible, autrement dit aucune mémoire ne peut suivre ce passé à la trace. » (G.leroy)

La Maison de Retraite de Nanterre accueille des personnes souvent démunies de moyens financiers, dont la vie a été plus ou moins cabossée. Elles ont souvent connu la rue et les foyers. Leur solitude est la plupart du temps quasi complète. C’est au sein de l’association « Les petits frères des pauvres » de Nanterre que je mène cette action.

Les portraits n’ont pas été faits dans le but d’être exposés, mais de permettre aux résidents  qui le veulent d’avoir une trace d’existence aujourd’hui.

Les portraits leurs sont offerts, encadrés. Ils peuvent les accrocher dans leur chambre.

G. Leroy écrit : « Le Dieu qui a passé n’est pas le modèle dont le visage serait l’image. « Être à l’image de Dieu ne signifie pas être l’icône de Dieu, mais se trouver dans sa trace.” (E.Levinas). Comme si aller vers Dieu consistait moins à aller vers Lui que vers les autres qui se tiennent dans sa trace. Dieu s’y annonce, en renvoyant vers autrui, au service duquel je suis commis ».

Mon travail personnel, qui est exposé, a été fortement influencé par ces rencontres. Mes tableaux, à l’aide d’une composition très simple, veulent parler de la relation entre les personnes, de l’espace qu’elles créent entre elles, du souffle qui passe, ou qui ne passe pas.

Je suis aussi  particulièrement sensible au monde arabo-berbère, à  la nécessité de créer des ponts entre les deux rives de la Méditerranée, je tente de participer au « vivre et construire ensemble en France »  avec les émigrés de toutes origines. C’est dans cet esprit que j’ai été touchée par l’immense espoir qui s’élève avec « le Printemps Arabe ». Je suis fascinée par les images des foules de manifestants dans le Maghreb, en Lybie…, foules magnifiques de courage, d’espoir, mais aussi de tant  d’inquiétudes. J’ai commencé à réfléchir à un travail sur les foules. J’en présente un tableau. Je vais essayer de poursuivre.

Géraldine Gall