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Histoire

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1958-1964: La Défense se dessine

Hormis sa position stratégique sur l’Axe Historique de Paris, rien ne prédisposait le Rond Point de La Défense à accueillir le futur quartier d’affaires. Pavillons vétustes, petites usines, liées avec l’industrie mécanique et automobile, voisinent avec des bidonvilles et quelques fermes. Pourtant, lorsqu’en septembre 1958, l’État fixe par décret à l’EPAD un périmètre d’intervention et les moyens de mener à bien sa mission, La Défense a déjà été le site d’initiatives privées. La plus spectaculaire est bien sûr le CNIT, inauguré aux derniers jours de la IVe république. Le Centre National des Industries et Techniques est né pour accueillir les grands salons populaires en vogue : Mecanelec, les Floralies, les Arts Ménagers… Avec sa voûte spectaculaire, il va exercer un incontestable effet d’entraînement. Tout en élaborant le premier plan d’aménagement, l’EPAD se met à la tâche : acquisition des terrains, expropriations et relogements. Les grands principes sont tracés : ils répondent à la charte d’Athènes et adoptent la séparation des circulations des piétons et des automobiles. En 1964, le premier plan-masse est adopté pour le quartier d’affaires, 850 000 m² de bureaux sont prévus de part et d’autre d’une vaste esplanade dans des immeubles de taille identique. S’ajoutent à cet ensemble des immeubles de logements inspirés du Palais Royal, des commerces et des activités ludiques. 1964, pionniers, les salariés d’ESSO découvrent le premier immeuble construit à La Défense.
 

1965-1969: Les premières tours

Ainsi en a décidé le plan-masse de l’EPAD, les premières tours de La Défense seront toutes identiques, d’une base de 42 mètres sur 24, elles s’élèveront à 100 mètres de hauteur. Les immeubles dits de la première génération offrent des prestations très homogènes : 27 000 m2 de surface totale, des plateaux d’environ 800 m² et des bureaux peu profonds exclusivement en premier jour. Les premiers travaux du futur RER, qui ont démarré, encouragent la commercialisation. 1966 voit la livraison de la première tour du quartier d’affaires, la tour NOBEL : conçue par l’un des architectes du CNIT, de Mailly, également co- auteur du plan-masse de l’EPAD, elle marque l’entrée du site. La commande en avait été passée par la Centrale de Dynamite (NOBEL). En 1967, c’est la tour Aquitaine qui accueille ses occupants. Très vite, le plan de masse de 1964 va montrer ses limites. Il ne permet pas la diversité architecturale qui assure une meilleure identification des immeubles et par voie de conséquence des sociétés qui les occupent. Surtout il ne peut ni répondre à des demandes de surfaces très importantes, ni autoriser les espaces ouverts propices au travail en équipe.
 

1970-1973: Des grandes tours à la crise

 

Au début des années 1970, la France connaît une période de mutation économique profonde et de croissance accélérée. La tertiarisation de l’économie s’accentue. Les besoins dans certains secteurs d’activités s’accroissent, notamment dans celui des compagnies d’assurance. Un événement apporte à La Défense l’atout majeur qui lui faisait défaut : en février 1970, le RER relie La Défense à l’Étoile en moins de cinq minutes. La vie des 12 000 salariés du site vient d’être bouleversée. L’aménageur a compris le rôle fondamental joué par les transports en commun dans le succès de La Défense, il ne cessera de les développer. L’EPAD travaille à un nouveau plan-masse et propose de porter le programme à 1,5 millions de m² de bureaux, ce qui permet de répondre aux demandes mais aussi d’améliorer l’équilibre financier de l’opération. L’EPAD engage les études de la zone B, le quartier du Parc à Nanterre, pour lequel il propose 6 000 logements et 130 000 m² de bureaux. En 1972, le nouveau plan-masse est adopté. Les tours de la deuxième génération peuvent s’élever : FRANKLIN : 65 000 m², ASSUR : 68 000 m², GAN : 85 000 m², FIAT : 90 000 m². La vie prend corps, l’esplanade progresse. Le premier platane est planté. Les premières œuvres d’art, témoins de la volonté (exceptionnelle à l’époque) de l’EPAD d’inscrire l’art dans la ville, apparaissent. Si l’année 1968 ne s’est traduit à La Défense que par la mise en service d’une gare SNCF, le site sera dès 1972 l’objet de violentes contestations. L’EPAD étudie la possibilité d’écrêter ces hautes tours qui chagrinent l’œil parisien. Rapidement suivi de la crise économique, perceptible dès 1973 et confirmée par le premier choc pétrolier, ce malaise induit, en 1974, de nouvelles difficultés dans la commercialisation des droits de construire.
 

1974-1977: La crise

600 000 m² de bureaux sont vides en 1973 à La Défense. Les premiers à-coups de la crise économique et la saturation du marché de bureaux se font cruellement sentir (le stock disponible en Ile-de-France est de 2 millions de m²). La Défense est au plus mal. De 1975 à 1977, aucune charge foncière n’est cédée. Pour autant cette surproduction ne signifiait pas que l’ensemble des besoins de surfaces de bureaux étaient satisfaits. Dès la fin de cette période, des options et des promesses de vente sont consenties à différents utilisateurs (Citibank sur Elysée La Défense) et promoteurs (Interconstruction sur Ile-de-France, SEERI sur les Miroirs).
 

1978-1982: Le redémarrage

Le Premier Ministre Raymond Barre à l’issue d’un comité Interministériel, le 16 octobre 1978, prend pour l’EPAD des mesures de nature à mener à bien la relance : 350 000 m² de bureaux supplémentaires sont autorisés, le chantier de l’autoroute A14 sous la dalle sera poursuivi, des crédits sont débloqués pour améliorer l’environnement, le ministère de l’Équipement s’installera à La Défense. Une troisième génération de bureaux apparaît. Leur conception originale recherche les économies d’énergie et d’exploitation. Elle facilite l’adaptation aux technologies nouvelles d’une bureautique en pleine révolution, elle privilégie les postes de travail en premier jour. Le Président Mitterrand, dès 1981, inscrit Tête Défense dans ses grands projets d’architecture décidant d’y inclure un grand équipement public : le Ministère de l’Équipement. L’année 1981 est aussi l’année de l’ouverture du Centre Commercial des 4 temps « le plus grand d’Europe » à l’époque : plus de 100 000 m² de commerces avec des grands magasins et un hypermarché. les surfaces de commerces de La Défense s’en trouvent doublées.
 

1983-1992: Les grands projets

Il est danois et architecte. Comme 424 de ses confrères, il a participé au concours International pour la Tête-Défense lancé par l’EPAD en 1982. Le 25 mai 1983, Johan Otto Van Spreckelsen est tranquillement à la pêche dans une île scandinave, il ne sait pas encore que son « Cube » d’une simplicité évidente est appelé à symboliser dans le monde entier le quartier d’affaires de La Défense. Ce jour-là le Président Mitterrand a choisi : ce sera La Grande Arche. Cette période, ressentie par certains comme un âge d’or pour l’immobilier d’entreprise, se traduit à La Défense par l’émergence de très grands projets composés de plusieurs immeubles et souvent cédés en bloc à un seul opérateur. De nouvelles fonctions apparaissent. Des hôtels sont construits (Sofitel, Novotel, Ibis). Le remodelage du CNIT et l’Infomart, la création du Dôme Imax… proposent de nouvelles formules d’expositions et de salons. La diversité des architectures, des produits immobiliers, des surfaces et configurations proposées va dès lors de pair avec un spectre beaucoup plus riche d’activités. Au total l’emploi double quasiment sur cette période, passant de 51 700 en 1982 à plus de 104 000 en 1990. En 1986 le programme est porté à 2 080 000 m² de bureaux dont 295 000 m² pour le quartier du parc. C’est en terme d’image que le quartier va connaître l’évolution la plus spectaculaire. L’animation culturelle du site qui a toujours été une volonté de l’aménageur est à son apogée avec les expositions de Calder et César, fêtes de la musique, festival du vent, drainant ainsi de nouveaux publics. L’inauguration de la Grande Arche avec le sommet des Chefs d’État du G7 le 14 juillet 1989 porte l’image de La Défense dans les journaux et sur les écrans des télévisions du monde entier. Un an plus tard, Jean-Michel Jarre met en scène La Défense dans un spectacle grandiose admiré par deux millions de spectateurs répartis entre l’Arc de Triomphe et la Grande Arche. Le CNIT lui-même, fait peau neuve. Sa coque est vidée pour faire place à un centre de congrès, des équipements tournés vers l’informatique, des bureaux et des commerces complétant harmonieusement les services existant sur le site. Les transports connaissent eux aussi de nouvelles améliorations avec notamment l’arrivée de la ligne 1 du métro le 1er avril 1992, qui met le quartier d’affaires à un seul ticket de métro de tout Paris.
 

1993-1997: La seconde crise

Depuis 1992 l’EPAD n’a plus vendu de charges foncières. La Défense a subi comme tout autre site les effets de la crise immobilière. L’arrêt des ventes n’est toutefois pas synonyme d’absence de constructions nouvelles. Ainsi c’est durant cette période qu’est mise en service la Société Générale qui regroupe à La Défense son siège social et l’ensemble de ses services jusqu’alors disséminés dans Paris. Seront également livrés les immeubles occupés par KPMG et Kvaerner. Cette seconde crise n’est pas accompagnée d’une remise en cause du bien fondé de l’opération. Tout au contraire, l’image du quartier d’affaires continuera de s’améliorer notamment auprès de ses utilisateurs. L’EPAD multiplie les initiatives visant à développer les services. Le câblage du site et de tous les immeubles permet des liaisons sécurisées à très haut débit. Les entreprises se trouvent effectivement raccordées aux premières autoroutes de l’information ; mais la qualité de ces équipements attire de nouvelles activités et opérateurs, contribuant à l’émergence de nouveaux métiers et prestations à fort contenu technologique. En matière de services et de transports, l’ouverture d’un centre de tri spécifique à La Défense, la mise en place d’une nouvelle signalisation simplifiée, l’ouverture de la ligne de tramway Issy-La Défense et le lancement de Cœur Transport, rénovation du complexe d’échanges de transports en commun, sont des points forts. En 1997, le marché de La Défense connaît un redémarrage qui s’accentuera de manière spectaculaire les années suivantes.
 

1998–2004 : Maturité et mutation

À l’aube du troisième millénaire, La Défense s’installe dans la maturité et entre dans une ère d’indispensables mutations. Les rénovations des immeubles les plus anciens se multiplient avec notamment Europlaza et l’historique tour Nobel. En 1998, l’EPAD signe sa première vente depuis six ans avec l’élégante tour PB6/EDF. De nouveaux immeubles font leur apparition : Guynemer, Triangle de l’Arche, Palatin… Cœur Défense s’impose avec 190 000 m² de bureaux. L’EPAD n’hésite pas à opérer une mue révolutionnaire à un de ses fondamentaux : les travaux de transformation du circulaire en un boulevard urbain démarrent. Ils permettront la construction de deux nouveaux immeubles à l’architecture novatrice : CBX et Exaltis. La rénovation de la grande halle de la station Grande Arche de La Défense s’achève. Unibail rachète le CNIT pour lui donner un nouveau souffle. Les Quatre Temps entament une ère d’importants travaux pour de nouvelles ambitions de dynamisation et d’expansion. La Défense se dote d’une Maison d’église en 2002. L’animation du quartier continue de se développer avec l’appui du Conseil Général des Hauts-de-Seine : sports avec Tony Parker, fêtes et spectacles se multiplient. L’arrivée de Bernard Bled à La Direction générale de l’EPAD fin 2004 prépare le renouveau…
 

2005-2009 : Préparer l’avenir

LE RENOUVEAU DE LA DÉFENSE : UNE AMBITION PARTAGEE

Jamais une opération de renouveau urbain d’une telle ampleur n’aura été mise en place dans un délai si court : moins de deux ans. Au printemps 2005, l’EPAD, à la demande de l’Etat, réfléchit au devenir de La Défense menacée d’obsolescence. Un plan ambitieux est proposé fin 2005. Le 25 Juillet 2006, Nicolas Sarkozy, Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du Territoire adopte les grandes lignes du plan de renouveau.

1 – Rénovation des immeubles obsolètes
La restructuration d’Opus 12 et d’Initiale (ex Nobel) notam­ment ont amorcé le mouvement ; la métamorphose de la tour Axa s’apprête à le prolonger : une quinzaine de tours parmi les plus anciennes de La Défense seront concernées par cette vague d’opérations de démolition-reconstruction à hauteur de 150 000 m² de surfaces nouvelles.

2 – Construction de 300 000 m² de bureaux neufs
La Défense n’a pas achevé son développement. Des em­prises gagnées à la faveur du réaménagement du boule­vard Circulaire permettront de réaliser le programme de 300 000 m² de bureaux neufs sans amputer les espaces publics, tout en respectant l’axe historique. Ces tours don­neront au quartier une nouvelle ambition architecturale.

3 – Une tour Signal, nouveau monument remarquable
La tour Signal marquera l’histoire de La Défense. Son ca­hier des charges, sera gouverné par deux impératifs ambi­tieux : d’une part adresser au monde un geste architectu­ral majeur, porteur de vigueur créatrice, d’audace formelle et de modernité technologique ; d’autre part construire en France la toute première tour authentiquement mixte, où cohabiteront salariés, résidents, hôtellerie et commerces.

4 – Construction de 100 000 m² de logements
La Défense s’est construite sur un postulat de mixité ur­baine qui assoit, depuis cinquante ans, sa singularité et sa qualité de vie. L’accroissement de son parc tertiaire aura donc pour corollaire une augmentation des surfaces d’ha­bitation dans le périmètre de l’Epad, à hauteur de 100 000 mètres carrés de logements neufs.

5 – Achèvement de la transformation du boulevard Cir­culaire en un boulevard humain et paisible
La refonte du boulevard Circulaire s’achève dans sa partie Nord à Courbevoie. À l’artère infranchissable qui séparait la dalle du reste du monde s’est substitué une voie de cir­culation à visage humain, assurant une couture urbaine entre le quartier d’affaires et son environnement proche. La partie Sud à Puteaux s’apprête à connaître la même transformation.

6 – Renforcement de la desserte du Quartier d’Affaires
Atout majeur de la réussite de La Défense, la desserte exceptionnelle en transports en commun arrivera bientôt à saturation. La nouvelle phase de développement amor­cée par La Défense nécessite donc une amélioration du réseau de transports qui dessert le quartier d’affaires. Le prolongement de la ligne E du RER (Eole) depuis la gare Saint-Lazare, puis vers la région de Mantes-la-Jolie, sera le grand chantier des années qui viennent. Il permettra à terme de décongestionner la ligne A, aujourd’hui souvent saturée, tout en améliorant la liaison avec l’Ouest. Parallè­lement, le raccordement de La Défense à la future liaison Gare de l’Est – Aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle est à l’étude.

7 – Modernisation de la gouvernance
La création de l’EPGD (Établissement Public de Gestion de La Défense, associe les collectivités présentes sur le territoire de La Défense (Puteaux, Courbevoie et le Conseil Général des Hauts-de-Seine) pour assurer la mission de gestion et d’exploitation du site.

8 – Déploiement d’une politique d’animation commer­ciale et culturelle
En dépit d’une attractivité touristique, commerciale et culturelle avérée, le quartier d’affaires manque encore des équipements, des événements et de l’animation qui feront d’elle une cité vivante en permanence bien au-delà des heures de bureau. De nouveaux lieux de vie, de nouveaux rendez-vous événementiels, une vie culturelle développée, source d’enthousiasme et instrument de cohésion, contri­bueront à transformer l’image de La Défense.

9 – Priorité au développement durable
En abordant ainsi cette nouvelle phase de son histoire, La Défense s’engage ouvertement dans la voie du dévelop­pement durable. Cette exigence s’appliquera bien naturel­lement sur les constructions nouvelles et dans la gestion des chantiers par des formules innovantes d’évacuation des gravats. L’EPAD entend aussi appliquer le même soin au cadre de vie et à l’environnement des salariés des ha­bitants et des visiteurs, démontrant que le développement économique et le développement durable ne sont pas an­tinomiques.

10 – Participer au développement équilibré de la ré­gion Ile-de-France
Atout économique majeur de l’Ile-de-France, La Défense doit agir pour un développement équilibré de toute la ré­gion notamment pour les nouvelles opérations d’intérêt na­tional.
 

2009: Une nouvelle gouvernance

Dans le cadre du plan de renouveau de La Défense, Nicolas Sarkozy avait souhaité une nouvelle gouvernance pour le quartier d’affaires. En effet, depuis 50 ans l’EPAD assurait, par défaut, l’exploitation du quartier d’affaires, et corollaire­ment, en assumait la charge financière. La création d’une nouvelle structure permet de séparer les activités de gestion et d’aménagement du site. Créé par la loi du 27 février 2007, l’EPGD assure la gestion, la promotion et l’animation du Quartier d’Affaires.Son financement est supporté pour une moitié, par le Conseil Général des Hauts-de-Seine, et pour l’autre, par les com­munes de Puteaux et de Courbevoie. Depuis le 1er janvier 2009 , l’EPGD assume les missions qui lui ont été confiées par la loi : la gestion du quartier d’affaires, l'entretien, la maintenance, l'exploitation, l'animation et la promotion du domaine public sont sous sa responsabilité. L’EPGD ambitionne de développer la qualité de vie en termes de sécurité, de propreté et d’agrément sur le site en multipliant les services. L’EPGD poursuit une politique d’animation volontariste qui a pour objectif de rendre le site toujours plus vivant, plus animé. Evénements culturels, spectacles populaires ou animations commerciales seront développés dans le cadre de ses activités. En janvier 2010, l’EPGD devient Defacto : en savoir plus.

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